La griffe des aïeux. Marquage du corps et démarquages ethniques chez les Matis d'Amazonie

Philippe Erikson

Publié le 20 janvier 2013 Mis à jour le 20 janvier 2013

Peeter, Leuven, 1996, 370 pages

 La griffe des aïeux, c'est l'estampille que les Matis reçoivent en héritage de leurs anciens, lors des cérémonies où les masques incarnant les défunts viennent fustigier les plus jeunes. Au sens littéral, c'est la marque faciale: le tatouage et les multiples ornements fichés dans les visages. La griffe des aîeux, c'est cet ensemble de traits indélébiles et distinctifs, garants du faste de leur allure. De manière plus imagée, La griffe des aîeux, c'est aussi le cachet d'une ethnie, la permanence de ses valeurs, coutumes et traditions. En somme, l'empreinte du passé sur la société contemporaine. La griffe au sens de marque déposée: la signature sociale. Enfin, la griffe des aîeux peut être perçue comme une allusion aux facultés d'agression des grands félins, ainsi qu'aux ongles puissants caractéristiques de la famille des édentés (paresseux, tatous, fourmiliers), animaux dont le rendement métaphorique est immense dans la construction de l'identité collective des Matis et dans leur représentations de l'ancestralité. En somme, La griffe des aîeux, c'est tout ce qui fait la matière de ce livre: la parure du corps et ses rapports avec l'organisation sociale, l'ontologie, l'ethnicité et la cosmologie.
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Mis à jour le 20 janvier 2013